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LE DÉFI MONDIAL DE L’IDENTIFICATION : ENQUÊTE ID4D—FINDEX

Par Vyjayanti Desai, Julia Clark et Anna Metz, Groupe de la Banque mondiale - ID4D


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Dans le cadre de l’initiative ID4D, la Banque mondiale s’est associée avec l’équipe du projet Global Findex pour inclure des questions sur la couverture des systèmes d’identification, leur utilisation et les problèmes d’accès dans l’édition 2017 de l’enquête Global Findex, qui couvrait 97 pays. Les premiers résultats ont mis en évidence d’importants déficits de couverture dans les pays à faible revenu, où plus d’un adulte sur trois ne possède pas de carte d’identité nationale ou document équivalent. La proportion de femmes sans preuve d’identité est proche d’une sur deux dans ces pays (44 %, contre 28 % des hommes). En 2019, ID4D a approfondi l’analyse des données pour mieux cerner qui est le plus susceptible de ne posséder aucune pièce d’identité et pourquoi, afin de mieux éclairer le dialogue sur les mesures à prendre par les pays pour combler le déficit de couverture. Les données d’enquête mettent également en lumière la relation entre le fait de posséder une pièce d’identité et l’inclusion financière, ainsi que la manière dont ceux qui possèdent un tel document l’utilisent.


QUI EST LE PLUS SUSCEPTIBLE DE POSSÉDER UNE PIÈCE D’IDENTITÉ ?


Les personnes mariées, les personnes âgées et celles qui travaillent ont plus de chances d’avoir une pièce d’identité. Les personnes qui n’ont qu’un niveau d’instruction primaire, les femmes, les ruraux et les 40 % les plus pauvres risquent davantage d’être sans papiers. Le lien entre ces caractéristiques démographiques et la probabilité de posséder une pièce d’identité est plus étroit dans les pays à faible revenu, et moins étroit dans les pays à revenu intermédiaire. Toutes choses égales par ailleurs, un adulte vivant dans un pays à faible revenu et ayant un niveau d’instruction primaire ou inférieur est 17,1 points de pourcentage moins susceptible de posséder une pièce d’identité qu’un adulte ayant fait des études secondaires ou supérieures. En outre, une personne vivant en milieu rural dans un pays à faible revenu est environ 10 points de pourcentage moins susceptible de posséder une pièce d’identité qu’une

personne vivant en milieu urbain, et une personne se trouvant au bas de l’échelle des revenus est environ 7,4 points de pourcentage moins susceptible de posséder une pièce d’identité qu’une personne se trouvant en haut de l’échelle des revenus. Ces résultats soulignent l’importance d’éliminer les obstacles à l’obtention d’une pièce d’identité et de déployer des efforts particuliers pour améliorer l’accès des groupes vulnérables et

marginalisés à une pièce d’identité.


POURQUOI UNE PERSONNE NE POSSÈDE-T-ELLE PAS DE PIÈCE D’IDENTITÉ ?

Les écarts de couverture peuvent être liés à des problèmes généraux au niveau de l’offre mais aussi à divers obstacles économiques, sociaux et administratifs auxquels se heurtent les gens, ainsi qu’à des facteurs qui influencent la demande de pièces d’identité. Les obstacles liés à l’offre — les gens disent « c’est trop difficile à obtenir » et/ou « les gens n’ont pas les documents nécessaires » — sont plus fréquemment cités que les facteurs liés à la demande – « la personne » a une autre pièce d’identité » et/ou « n’a pas besoin de pièce d’identité » – dans les pays où il existe d’importants écarts de couverture (plus de 20 %). Les problèmes spécifiques auxquels font face les adultes varient cependant d’un pays à un autre. Au Gabon, où les problèmes d’impression de cartes d’identité et le manque de points d’accès à une pièce d’identité sont bien connus, près de 70 % d’adultes sans pièce d’identité ont indiqué que les démarches à faire étaient trop compliquées. Au Lesotho, où plus de 50 % de enfants de moins de cinq ans n’ont pas d’acte de naissance et le pourcentage est encore plus élevé chez les adultes, plus de la moitié des personnes sans pièce d’identité, soit 16 % des adultes dans le pays, ont indiqué qu’ils ne possédaient pas les documents nécessaires. Dans certains pays, la faible demande est également un facteur important. En Afghanistan, par exemple, 70 % des adultes sans pièce d’identité — en grande majorité des femmes — ont indiqué qu’elles n’en avaient pas besoin. Pour combler le déficit de couverture, il est important que les pays réalisent des études supplémentaires afin de recenser les obstacles rencontrés par les membres de différents groupes et les interventions nécessaires pour surmonter ces obstacles. [1]

QUEL EST LE LIEN ENTRE LE FAIT DE POSSÉDER UNE PIÈCE D’IDENTITÉ ET L’INCLUSION FINANCIÈRE ?

Les adultes qui possèdent une pièce d’identité sont plus susceptibles d’avoir un compte dans une institution financière et un téléphone mobile que les personnes sans identité officielle. Dans les pays à faible revenu, 65 % des gens qui possèdent une pièce d’identité ont un téléphone mobile, contre seulement 40 % des personnes sans identité officielle. De même, 45 % de ceux qui possèdent une pièce d’identité ont un compte dans une institution financière ou un compte mobile, contre seulement 19 % des personnes sans identité officielle. Bien qu’il ne soit pas toujours nécessaire, ou suffisant, de posséder une pièce d’identité particulière pour ouvrir un compte dans une institution financière, le fait de ne pas en avoir limite également l’accès aux services financiers : 33 % des adultes sans compte bancaire qui ne possèdent aucune pièce d’identité dans les pays à faible revenu indiquent que « l’absence de

documents » est la raison pour laquelle elles n’ont pas de compte, contre seulement 17 % des personnes qui possèdent une pièce d’identité. L’élargissement de l’accès aux systèmes d’identification peut donc promouvoir l’inclusion financière et l’accès aux services mobiles, ouvrant ainsi de nouveaux débouchés économiques.


COMMENT LES GENS QUI POSSÈDENT UNE PIÈCE D’IDENTITÉ UTILISENT-ILS CE DOCUMENT ?


Environ 57 % des adultes qui possèdent une pièce d’identité l’ont utilisée pour obtenir une carte SIM ou s’abonner à un service de téléphonie mobile, et 45 % l’ont utilisée pour accéder aux services financiers. La forte utilisation d’une pièce d’identité pour accéder à la téléphonie

mobile s’explique par le fait qu’il est plus facile d’ouvrir un compte de téléphonie mobile qu’un compte bancaire dans la plupart des pays en développement, et qu’environ 80 % des personnes interrogées possèdent un téléphone mobile. Par ailleurs, l’enregistrement d’une carte SIM, qui nécessite souvent une pièce d’identité, est obligatoire dans plus de 150 pays. En plus d’accéder aux services financiers et de téléphonie mobile, un tiers des adultes interrogés dans les pays à faible revenu indiquent qu’elles ont utilisé une pièce d’identité pour recevoir une aide financière de l’État, et 16 % l’ont utilisée pour avoir accès aux

services publics.



RAPPORT COMPLET

Cliquer ici pour accéder à l’intégralité du rapport.


Référence 1. https://id4d.worldbank.org/qualitative-research.

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